Le Willème T40A, prototype de camion militaire français entièrement restauré grâce au travail de passionnés dont plusieurs membres du C.E.R.P.I., fait l’objet d’un article dans le magazine Des Camions et des Hommes n° 140 de juillet 2026.
C’est un aboutissement. Tout est parti d’un premier article du même magazine, « Qui sauvera le soldat Willème ? », paru en août 2017 : l’association avait alors décidé de contacter le Musée des Blindés de Saumur, où le véhicule végétait depuis des années, afin de le récupérer et de lui redonner son aspect d’origine.
Un porte-char passé par Saint-Chamond
De son nom officiel Tidelium 40, le camion a été construit en 1976 par la société Perez & Raimond Paris, licencié Willème. Il avait été étudié au départ pour un appel d’offres du Chili : malgré ses bonnes performances, le prototype n’a séduit aucun des corps d’armée devant lesquels il a fait ses démonstrations.
Pour l’association, l’intérêt patrimonial est double. Le projet de porte-char est cédé en 1978 à la branche militaire du groupe Creusot-Loire, alors implantée à Saint-Chamond. Et son bras hydraulique Ampliroll vient de chez Bennes Marrel, à Andrézieux-Bouthéon, à quelques dizaines de kilomètres de là.
Après une période d’essais et de démonstrations dans les pays du golfe Persique, le T40A est reversé au Musée des Blindés de Saumur, où il stationnera une trentaine d’années. En 2018, le musée le confie au C.E.R.P.I. en vue de sa restauration.
Une seconde vie
Les travaux ont porté sur la remise en état des vérins de basculement de la cabine, pour accéder à la mécanique, puis sur le redémarrage du V12 Mercedes — qui « tourne désormais comme une horloge », rapporte Guy Ginot. Ont suivi la refabrication des pare-chocs avant, les circuits hydraulique, pneumatique et de refroidissement, la cabine, enfin le sablage, la peinture et le remontage de l’ensemble.
Rien de tout cela n’aurait été possible sans François Thevenon et son frère Gilbert, qui ont mis à disposition le bâtiment où le T40 est aujourd’hui hébergé.
La fiche technique
- Camion porteur 8×6, 40 tonnes de charge utile
- Moteur Mercedes-Benz OM404, V12 de 21 litres, 530 ch
- Boîte de vitesses ZF 4S150 + WSK400
- Essieux et ponts moteurs Willème à triple réduction
- Ampliroll Marrel de 40 tonnes
- PTRA de 75 à 80 tonnes, sur 12 pneus Michelin 1800 × 25 XS
- Cabine 6 places, vitesse de déplacement 60 km/h
Venez le voir le 6 septembre
Le camion sera présenté au public le dimanche 6 septembre sur le terrain de Planèze, à l’Aéroclub de Saint-Chamond et de la Vallée du Gier, lors de la 13e rencontre « De la Terre au Ciel ». Il devrait également être visible au salon Époqu’Auto en fin d’année.
Le magazine annonce par ailleurs une suite à la rentrée, consacrée à la conception du véhicule, avec les souvenirs de Noël Perez, ancien dessinateur-projeteur chez Willème puis chez Perez & Raimond Paris — et membre du C.E.R.P.I. depuis 2022.
L’article, en deux pages
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« On a sauvé le soldat Willème — le CERPI, à l’origine de sa restauration ». Texte et légendes : Francis Cany. Photos : Guy Ginot. Paru dans Des Camions et des Hommes n° 140, juillet 2026, pages 70 et 71. Pages reproduites avec l’aimable autorisation de Francis Cany.






