1856 – 2002
Un pont de bois de treize mètres de long, deux de large et neuf de haut. Construit en 1856 par des charpentiers mineurs de la corporation des Soubises, il franchissait le Gier à La Grand-Croix pour porter, sur un embranchement de huit cents mètres, le charbon des mines de Combérigole jusqu’à la voie ferrée de Saint-Étienne à la vallée du Rhône. L’embranchement a aussi servi aux essais des locomotives de J.-C. Verpilleux.
Il n’aura enjambé la rivière que dix-sept ans. À la demande des Houillères de Rive-de-Gier et de la Compagnie de la Péronnière, un canal de dérivation de 585 mètres a déplacé le cours du Gier pour éviter les infiltrations dans les mines voisines. Le pont est resté, la rivière était partie.
Sa charpente était de chêne, dont on choisissait les parties cintrées naturellement pour tailler les grandes pièces. Le C.E.R.P.I. en avait demandé le classement dès 1990 ; l’inscription aux Monuments historiques est venue par arrêté du 21 mars 1995 — le même arrêté qui a protégé, le même jour, la maison Marrel à Rive-de-Gier et l’ancienne usine Gillet, celle qui abrite notre musée. L’État l’a décrit comme le seul vestige conservé en France d’un pont minier en bois ; nous l’avons nous-mêmes présenté comme unique en Europe, et c’est le titre de la brochure que nous lui avons consacrée en 2000.
Le pont s’est effondré le 20 avril 2002, sous l’effet de la vétusté et des intempéries. Ses vestiges sont conservés par les services techniques de la ville de La Grand-Croix. Une reconstruction à l’identique bute depuis sur une difficulté de fond : les deux culées, en grès houiller, reposent sur deux parcelles appartenant à deux propriétaires différents, et l’administration veut un propriétaire unique pour soutenir un projet. Faute de vestige debout, le pont a été radié de la liste des Monuments historiques par arrêté préfectoral n° 17-159 du 14 mars 2017.
Le circuit des six sites
Six sites de la vallée sont balisés, avec panneaux et livret de parcours : la teinturerie Gillet à Saint-Chamond, les forges d’Onzion à L’Horme, le marteau-pilon Deville à La Grand-Croix, la maison de direction de la Compagnie du canal — aujourd’hui la mairie de Rive-de-Gier —, la machine de Waroquée au Gourd Marin et le pont de Chavillon.
Chacun de ces sites a fait l’objet d’un ouvrage ou d’un livret. Nous en avons publié une vingtaine depuis 1996.
